
Écoutez le poème
Commençons par mon regard détaché alors que mes poèmes se font exposer au monde, comme les culottes d’hier. La phrase : « Je pourrais jamais jouer avec les mots comme toi » m’isole dans le foyer, ça enflamme une partie de moi. Cette étincelle reconnaissant les choses que je devrais connaître comme poète qui rentrent en collision avec la réalité.
Je ne lis pas de poèmes, je les brûle.
Le conseil de tous professeurs de poésie : « le monde des poètes est un monde de réseautage. »
Souffle dans les flammes de ma réponse : « bonne chose que je suis pas un poète dans ce cas-là. »
La peur que la fiction soit pareille et mon cul part en feu.
Les arts de la langue laissent des cendres dégoulinantes sur ma langue. Ses fruits fourrent une quantité obscène de bois d’allumage au fond de ma gorge. Admettre mes propres habiletés poétiques verse de l’huile extraite de poèmes sur les plumes et les pages blanches. Tous les poètes qui en savent plus sur ars poetica brûlent comme du bois vert, fumant mes yeux dans leurs orbites.
Certains diront que je me roule dans les ambres pour me sentir supérieur. C’est la lumière de leurs propres feux projetée sur le mien. Je veux ce détachement qui pisse sur les charbons ardents. Cette ignorance volontaire qui m’arrache le pin sec des doigts.
